Surveillance en direct de l’environnement

Les stations de surveillance rassemblent des instruments spécialisés, une électronique spécifique et des systèmes de communication permettant d’envoyer automatiquement les valeurs des paramètres pertinents prédéfinis à un système de supervision qui gère l’affichage en direct, l’archivage et l’analyse. Pour chaque paramètre ainsi surveillé, des seuils d’alarme sont fixés ; ces seuils déclenchent l’intervention de l’unité HSE et, dans certains cas, l’intervention du Service de Secours et du Feu du CERN.

À l'heure actuelle, 146 stations de surveillance alimentent le système de supervision à distance en lui envoyant les données enregistrées par 464 systèmes de mesure en direct des paramètres environnementaux pertinents pour les activités du CERN, notamment dans les domaines suivants :

  • rayonnement diffusé (gamma et neutron) ;
  • eaux de rejet (température, pH, conductivité, turbidité, présence d'hydrocarbures, débit et émetteurs gamma) ;
  • ventilation et air ambiant (alpha/bêta) ;
  • données météorologiques (précipitations, vitesse du vent, azimut).
Stations surveillances

Rayonnements diffusé

Le rayonnement diffusé est issu de faisceaux de particules de hautes énergies pouvant produire des particules secondaires telles que photons, muons et neutrons, lesquelles peuvent éventuellement se retrouver dans l’environnement. Ce rayonnement diffusé, qui cesse lorsque les accélérateurs du CERN sont stoppés, vient s’ajouter au rayonnement naturel omniprésent. Le CERN compte 46 stations de surveillance en direct du rayonnement diffusé, réparties sur les différents sites. Ce réseau est complété par environ 80 dosimètres passifs (dosimètres thermoluminescents, DTL) qui sont changés et mesurés chaque trimestre, de manière à contrôler le niveau du rayonnement diffusé.

Configuration d’une nouvelle station de surveillance du rayonnement diffusé

Dosimètre thermoluminescent (DTL)

Surveillance de l’air

Les installations associées aux accélérateurs, qui incluent aussi notamment les halls d’expérimentation et les tunnels de transfert, nécessitent une ventilation et un renouvellement de l’air continus, en particulier dans les zones fermées telles que les tunnels. Les rejets dans l’atmosphère des bouches de ventilation sont surveillés en continu par des systèmes de contrôle en direct des émissions de gaz. Les paramètres contrôlés sont les gaz radioactifs à vie courte (11C, 41Ar, etc.). Le système de surveillance en direct recueille un échantillon d’air de la bouche de ventilation via une ligne d’échantillonnage, avec une régulation du débit permettant de régler le volume de gaz.

Une station de surveillance de la ventilation située sur un toit, à proximité de la bouche de ventilation.

Synoptique de la supervision de la partie Sud du site de Prévessin.

Eaux de rejet

L’eau est essentiellement utilisée sur les sites du CERN à des fins de refroidissement, mais également pour des usages plus communs, sanitaires ou industriels. Il existe au CERN deux réseaux distincts pour recueillir l’eau : le réseau de drainage de site, qui reçoit les eaux de refroidissement, météoriques et d’infiltration, et le réseau d’assainissement, qui reçoit les eaux sanitaires et industrielles. Les effluents aboutissant dans le réseau de drainage sont rejetés par les sites du CERN dans les cours d’eau locaux de façon contrôlée. Le programme de surveillance de la qualité de l’eau au CERN inclut un suivi en continu des radionucléides à émission de gamma et de paramètres conventionnels tels que la température, le pH, la turbidité, la conductivité et la présence d'hydrocarbures.

Station de contrôle des eaux

Conditions météorologiques

Les conditions météorologiques sont surveillées au moyen de plusieurs stations météorologiques qui enregistrent les températures, les flux thermiques et les vitesses et directions des vents. Les paramètres enregistrés sont utilisés pour calculer les coefficients de dispersion des rejets dans l’atmosphère, selon des normes largement reconnues.